Echanges avec MPJ

Cette rubrique s’appelle « journal »: mais comme vous l’avez vu, je n’y ajoute pas assez souvent des billets pour mériter ce terme! Il faudrait en ajouter, sinon tous les jours comme pour un vrai journal, au moins toutes les semaines. J’ai l’excuse que depuis cet été, j’ai beaucoup travaillé sur le blog en ajoutant les commentaires sur les compositeurs et les oeuvres enregistrées et sur d’autres sujets.

Je signale aujourd’hui un échange de correspondance où sont discutées des questions éventuellement intéressantes pour les lecteurs de ce blog. MPJ est une amie avec laquelle nous avons eu des échanges à propos de claviers anciens et à propos de compositeurs de la renaissance et du premier baroque, lors de promenades, soit dans le sud de la France, soit à l’occasion d’un récent anniversaire d’une amie commune.

MPJ m’écrit:

Bonjour Jean!
Que du plaisir à te lire… et à t’écouter bien sûr! J’apprécie beaucoup les commentaires sur les oeuvres. Je souhaiterais la date de composition mais j’imagine que tu as tes raisons pour ne pas la donner.
J’ai bien aimé la présentation de ta démarche. C’est personnel, drôle; je retrouve tout-à-fait ta manière de raconter!
Quelle expérience que la rencontre avec cet instrument. Bien sûr, je n’ai pas lu les explications plus techniques car il me manque les connaissances pour comprendre. Ton allusion à Uzès m’a rappelé aussi d’excellents souvenirs.
Une question: les basses sonnent un peu étrangement. Est-ce dû à l’ordinateur (il faut que je trouve comment transférer la musique) ou au clavicorde?
Merci pour me (nous) associer à tes talents dans ce domaine!
Amitiés

Ma réponse:

ton message m’a fait un grand plaisir, je me réjouis de poursuivre la discussion avec toi sur ces sujets.
Sur la questions des basses au clavicorde, je dois réfléchir à ta question, je ne puis encore te répondre, il faudra faire quelques essais.
Sur la question de l’évolution de l’art de Cabezon entre la première publication et celle posthume réalisée par son fils (tu étais intéressée par cette question lorsque nous en parlions en promenade à l’anniversaire de …), ce sujet me passionne mais pour l’illustrer il faudra que je prépare des enregistrements de plusieurs pièces de chaque période, alors on y verra probablement plus clair.

Réponse complétée quelques semaines après:

Tu soulèves deux questions intéressantes.

Pour les dates de composition, il y a là en effet quelque chose à compléter. Je pense que je vais le mentionner d’office en tête des commentaires sur les œuvres (ajouté le 21.10.2011: c’est fait, je l’ai ajouté depuis). Naturellement, on ne connaît pas toujours cette date. Si la composition est liée à un événement précis, ce qui n’est pas la règle, alors on la connaît. C’est le cas pour le lamento de Froberger à l’occasion d’un deuil dans la famille impériale, célébré solennellement (1654). Mais bien souvent on ne peut que le supputer, parfois à quelques années près… parfois à plusieurs dizaines d’années près. Ainsi pour le cas de Merulo, qui a certainement improvisé et composé des toccate toute sa vie ; il a été nommé organiste de St-Marc à Venise en 1557, à 24 ans ; il n’a publié les toccate qu’en 1598. Il est probable que beaucoup des pièces de ce recueil existaient, soit à l’état d’ébauche, c’est-à-dire de canevas pour ses improvisations, soit dans leur état définitif, longtemps avant cette publication.

Pour la question de la résonance particulière des basses dans ces enregistrements, je pense qu’il est probable que ce soit lié à l’instrument lui-même plutôt qu’à ton installation. Le timbre du clavicorde dans les basses est en effet assez particulier. Cela tient en partie au fait que la tangente, en touchant la corde, la soulève inévitablement un peu, ce qui influe sur la hauteur du son. Tu le verras bien sur la vidéo qui sera bientôt publiée sur le blog. De ce fait, dès qu’on joue… on joue un peu faux; il y a une sorte d’instabilité du son qui peut être déroutante. Ce phénomène est plus marqué dans le registre grave (d’ailleurs il est particulièrement difficile d’accorder les cordes graves du clavicorde). On peut voir cela comme un défaut. Mais si on accepte cela comme faisant partie du mode d’expression propre à ce type d’instrument, on peut trouver un charme particulier à ce timbre un peu étrange.

Nb il importe de ne pas régler le volume trop fort, il peut en résulter une déformation du timbre.

Ceci dit, je n’exclus pas qu’il y ait quelques fausses notes, entre autres à la basse, dans mes exécutions !

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