Girolamo Frescobaldi Partite XIV sopra l’Aria della Romanesca

Partite 1-5:

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Partite 6-9:

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Partite 10-14:

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(j’ai dû répartir l’enregistrement sur trois audioplayers, sinon j’étais obligé de prendre une option de compression qui donnait une qualité de son trop médiocre).

Enregistré fin décembre 2010.

Partition sur internet: imslp—>Frescobaldi—>Organ and keyboard works, éd.Pierre Pidoux, Kassel 1949-1955, vol III,p.46 (cette édition donne le texte de la réédition de 1637)

Publication originale à Rome en 1615; deuxième édition, fortement modifiée, la même année; donc le travail de composition, commencé sans doute peu avant 1615,s’est poursuivi entre les deux premières éditions.

« Partite », c’est le nom donné en Italie à des variations. Mais il s’agit de variations d’un type particulier, extrêmement répandu en Italie autour de 1600. Le principe en est une succession d’accords sur une basse continue, basse et accords repris à l’identique à chaque variation mais avec chaque fois des motifs et des figurations différents aux autres voix. Ainsi la première présentation est déjà une variation, il n’y a donc pas l’exposé d’un « thème » précédant la première variation comme ce sera la cas plus tard (relevons que ce type de variations « à l’italienne » est le modèle de Bach dans les « variations Goldberg », à part le fait que chez lui il y a un premier exposé sous forme d’une Aria – en fait une sarabande – avant la première variation; mais le principe de variation est le même). Il existe en Italie vers 1600 plusieurs modèles typiques de telles variations, sur des basses différentes: ainsi, à part la Romanesca, on peut mentionner le Ruggiero, la Monica, le Fedele, la Folia (dont le Fedele est la forme primitive); les différentes formes du passamezzo en sont également des exemples, puis les différentes sortes de « grounds » utilisées par les compositeurs anglais.

La Romanesca est donc l’un de ces types de variations. En fait, l’origine en remonte aux variations de Cabezon sur le thème « Gardame las vacas » (« garde-moi les vaches », un thème si répandu en Espagne que les variations de ce type sont souvent nommées simplement des « vacas »). Nous connaissons trois cycles de « vacas » dûs à Cabezon. Cette basse, sous le nom de Romanesca, sera reprise par les compositeurs napolitains (car Naples était alors une possession espagnole, d’où des liens entre les compositeurs espagnols et napolitains), notamment par Scipione Stella et Ascanio Mayone (de Trabaci, le principal des compositeurs napolitains pour clavier de l’époque, nous avons des variations superbes sur le « Ruggiero » mais non sur la Romanesca). Puis cette tradition du Sud a été reprise par des compositeurs du Nord de l’Italie, ainsi le génial précurseur de Frescobaldi, Ercole Pasquini, également de Ferrare et qui a précédé Frescobaldi à Rome, et a composé des variations sur la Romanesca.

Ainsi donc Frescobaldi, en composant ses variations sur la Romanesca, recueille une tradition extrêmement riche. Mais il la refond à sa manière et dépasse tout ce qui l’a précédé, tant en fantaisie qu’en conception d’ensemble. Cela se voit en particulier par une recherche d’unité au sein du cycle: ainsi la dernière variation rappelle les deux premières par la présence de suspensions (syncopes) dans la ligne mélodique à la voix supérieure (cette caractéristique est absente de la première version; elle apparaît dans la version remaniée publiée dans la deuxième édition).

Cette recherche d’une unité et d’une conception d’ensemble, on pourrait dire d’une perspective, est nouvelle: chez les compositeurs précédents, les variations se succèdent, parfois en se complexifiant de l’une à l’autre, mais un tel rappel ou renvoi entre premières et dernières variations est (à ma connaissance) absent de leurs préoccupations.

Ces variations de Frescobaldi ont joué un rôle important pour moi, car c’est en fait grâce à elles, et grâce à l’enregistrement que j’ai réalisé de ces variations en décembre 2010, que j’ai appris à connaître mon nouvel instrument, que j’en ai pris possession si l’on peut dire.

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